
L'histoire derrière le jeu

Le Royaume de Lux
Il y a très longtemps, dans un royaume si lointain qu'on ne le trouve sur aucune carte, régnait un roi sage et bienveillant du nom de Pietran. Dans la grande Cité de l'Aube, la magie était chose ordinaire et les étoiles, disait-on, brillaient un peu plus fort que partout ailleurs.
Pietran avait beau être roi, c'était dans son laboratoire d'alchimie qu'il se sentait vraiment lui-même, entouré de ses fioles et de ses formules magiques. Sa fille, la princesse Cléofé, lui ressemblait en tout point. Mais son laboratoire à elle, c'était son carnet de dessin ! Elle y crayonnait des bêtes à six pattes, des monstres ailés, d’étranges animaux à écailles ou à cornes qui sortaient tout droit de son imagination. Il y avait Sécapion, Draecorne, Croc-Roux… et des dizaines d'autres inventions, toutes plus farfelues les unes que les autres. Elle les appelait ses “Kreatures" – avec un K et sans accent – parce que c'était elle qui avait inventé le mot, et qu'une princesse a bien le droit d'écrire comme elle veut, après tout !
Un soir, en regardant sa fille pencher sa tête sur ses parchemins, Pietran eut une idée. L'anniversaire de Cléofé approchait et il voulait lui offrir quelque chose d'unique, un cadeau comme personne n'en avait jamais offert. Alors, il fit appeler Luizel Raguéon, l'alchimiste la plus brillante de la Cité, et lui posa une question complètement folle : "Pensez-vous qu'on pourrait donner vie à ces dessins ?"
L'incident originel
Le soir venu, quand les bougies du château se mirent à danser, Pietran et Luizel s'installèrent dans le laboratoire. Ils murmurèrent longuement d'étranges incantations autour de la marmite, jusqu'à que de petits éclairs bleus crépitent tout autour. Puis la potion s'éveilla dans un grand fracas de bulles et de vapeur ! La Princesse Cléofé, assise dans un coin, retenait son souffle.
Et soudain, quelque chose bougea sur la feuille.
Une Kreature s'étira, cligna des yeux et quitta le papier d'un bond. INCROYABLE, c’était Serpenthor ! Puis il y en eut une autre, Cheval-en-Ciel ! Et encore une autre. Dix, vingt… cent ! Cléofé était si heureuse qu'elle en avait les larmes aux yeux. Mais les cris de joie s'éteignirent vite quand le sol du château se mit à trembler. Des griffes grattaient derrière les rideaux, des crocs brillaient sous les lits et d'horribles cris sortaient des murs. Les Kreatures déferlaient de partout. Elles dévalaient les couloirs, s'engouffraient dans les sous-sols et envahissaient les jardins. Quand Pietran comprit enfin sa terrible erreur, il était déjà trop tard.

Roi Piétran de Lux
Cité de l'Aube

La Cité de l'Aube

Luizel Raguéon
Le Sanctuaire de Nulle-Part
Pris de panique, le roi Pietran fit la seule chose qu'il pouvait faire. Puisant dans ses dernières forces, il invoqua un ultime sortilège qui déchira la réalité et façonna un espace hors du monde, un territoire d'exil sombre et sans retour : le Sanctuaire de Nulle-Part. Il y fit entrer toutes les créatures, une à une, et referma la faille derrière elles dans un grand fracas de magie. Dans le chaos, personne n'entendit le cri de Luizel. Elle était restée piégée de l'autre côté !
Seule parmi les Kreatures, Luizel aurait pu se laisser aller au désespoir. Mais elle n'en fit rien. Jour après jour, elle observa, écouta… et apprit. Elle découvrit que dans le Sanctuaire de Nulle-Part, tout se réglait par le duel. Elle apprivoisa les Kreatures les plus douces, gagna la confiance des plus méfiantes, et devint peu à peu quelqu’un qu'elle n'avait jamais imaginé être : une Gardienne.
Longtemps, elle attendit qu'on vienne la délivrer. Et pendant qu'elle attendait, elle écrivit. Des nuits entières, à la lueur de la flamme, elle consigna dans un grand livre les règles du Sanctuaire, les pouvoirs des Kreatures, leurs secrets… Tout ce qu’il fallait pour que celui ou celle qui viendrait un jour puisse prendre la suite. C'est de son travail acharné que les cartes KREATURES ont pu naître !
L'ombre d'Eraziel
Mais dans la forêt obscure qui bordait la Cité de Lux, quelqu'un avait tout observé depuis le début. Tapi dans l'ombre des grands arbres, les yeux brillants de haine, l'infâme Éraziel Grimvar n'avait pas perdu une miette du spectacle.
Éraziel était le cousin du roi et un sorcier redoutable. Il aurait dû régner. Du moins, c'est ce qu'il croyait. Pietran l'avait banni pour magie noire, chassé comme un vulgaire imposteur – et cette humiliation, Éraziel ne l'avait jamais digérée. Des années passées seul dans sa forêt à ruminer, à comploter et à maudire. Et voilà que le destin lui offrait quelque chose d'inattendu : un monde entier rempli de créatures féroces, et une faille que personne ne gardait. Il s'y infiltra en secret.
Son plan était simple : corrompre les Kreatures les plus féroces, à commencer par la plus redoutable de toutes – le dragon Ultimax – et s'en servir comme armée pour envahir la Cité de Lux et arracher le trône à Pietran. La vengeance qu'il attendait depuis si longtemps était enfin à portée de main.

Éraziel Grimvar

Le Sanctuaire de Nulle-Part
L'appel des Gardiens
Mais Luizel de Raguéon n'était pas femme à se soumettre. Ses années passées dans le Sanctuaire l'avaient endurcie et elle était devenue plus forte et plus rusée que n'importe quel sorcier. C’est quand Éraziel crut tenir sa victoire et leva les bras, triomphant, qu’elle lui planta en plein cœur sa dague empoisonnée. Le sorcier fut vaincu, le Sanctuaire retrouva son équilibre et la faille qui le séparait de la cité de Lux fut scellée. On écrivit cette histoire dans les livres et pendant des siècles et des siècles.
Mais la magie noire ne s'efface jamais vraiment. Aujourd'hui, dans les tréfonds du Sanctuaire, l'ombre d'Éraziel s'agite à nouveau et le fantôme du sorcier est plus fort que jamais. Il a asservi des centaines de Kreatures, des bêtes ivres de rage qui viennent de briser le sceau millénaire. Les premiers monstres surgissent déjà dans les rues de la Cité.
Le Royaume de Lux a besoin de nouveaux Gardiens : de jeunes gens intrépides et courageux capables de comprendre ces bestioles, de gagner leur confiance et de ramener l'équilibre entre les deux mondes.
Cet appel, c'est à toi qu'il s'adresse.
Apprentie Gardienne



